Je lisais mes propres textes et je n’y croyais pas. Pourtant c’était moi qui les avais écrits.
Le problème n’était pas le fond. C’était la langue. Des tirets cadratins partout. Des « non seulement… mais aussi ». Des « il convient de noter ». Du texte qui sonne ChatGPT même quand l’idée derrière est bonne.
Ce français-là a un nom : le français de corpus. L’IA a appris à écrire sur des rapports administratifs, des communiqués corporate et des articles SEO. Elle recrache le registre le plus moyen de la langue, avec une régularité de métronome. Et ça se repère à trois mètres.
01. Le tic le plus révélateur n’est pas celui qu’on croit
Tout le monde connaît les mots-valises : « crucial », « incontournable », « révolutionnaire ». Faciles à traquer.
Les vrais marqueurs sont structurels. La double affirmation symétrique (« non seulement X, mais aussi Y »). Le tricolon mécanique, ces listes de trois éléments parfaitement équilibrées qui ne trahissent aucune hésitation humaine. La concession rhétorique à poids égal (« bien que X soit important, il ne faut pas négliger Y »), cette fausse nuance qui ménage tout le monde et ne dit rien.
Un humain qui écrit hésite, tranche, digresse. Une phrase de quatre mots après une longue. Une liste de deux items, ou de huit. L’IA, elle, produit du texte en équilibre parfait. C’est précisément ce qui la trahit.
02. Corriger après coup ne marche pas
Ma première approche : générer, puis nettoyer. Mauvaise idée. Le nettoyage attrape les mots, pas les structures. On enlève « crucial », le tricolon reste. On enlève le tiret cadratin, la symétrie reste.
J’ai donc pris le problème à l’envers : au lieu d’un détecteur qui note le texte après coup, une consigne d’écriture qui interdit les tics à la source. Un lexique interdit (une centaine d’entrées), neuf structures bannies, un registre plancher (le français standard écrit, ni corporate ni faussement oral), et une obligation : chaque texte doit contenir au moins une position tranchée et une rupture de rythme.
Le tout est encodé dans un skill que mon assistant IA charge avant d’écrire quoi que ce soit pour moi. Il ne commente pas. Il n’explique pas. Il écrit, et il s’auto-vérifie avant de rendre.
Celui qui me sort de la paralysie TDAH tous les jours : une tâche à la fois, un timer, et zéro négociation avec moi-même.
Lire l’article03. Ce que ça change, concrètement
Chaque email client, chaque page, chaque note passe par ce filtre. Le gain n’est pas cosmétique : un prospect qui reçoit un texte qui sonne humain répond. Un texte qui sonne machine part à la corbeille, et il a raison d’y partir.
L’IA fait le travail. Le style, lui, reste sous contrôle.
Le lexique complet et les règles sont en libre-service ici. Si le sujet vous concerne, on peut en parler : réserver 30 min.